Les ruines de Chan Chan

Faisant face à la mer, cette ancienne capitale impériale de la civilisation Chimu est aujourd’hui un immense complexe archéologique. Toujours en cours de fouilles et de restauration, seule la partie centrale, d’une superficie de 6  kilomètres carrés sur les 20 que recouvre l’ensemble du site, ont été défrichés. Bâtie en grande partie en adobe (terre), elle fût construite entre 800 et 1400 après J.C. et comptait à son apogée près de 45 000 habitants. Son déclin est à la fois dû à son remplacement progressif par l’empire Inca et à l´arrivée des conquistadors espagnols. Tour à tour pillée par les huaqueros (les pilleurs de tombes) et considerablement dégradées par le phénomène climatique el niño (qui provoque des innondations et des fortes secheresses), il ne reste bien que des ruines à Chan Chan.

Mais une vue d’ensemble du site et la taille de ses remparts (entre 6 et 9 mètres de hauteurs) suffisent à comprendre la complexité dont était capable l’empire Chimu. La cité est composée de 10 citadelles rectangulaires emboitée les unes dans les autres. Et chacune était entourée de hautes murailles et d’un labyrinte. Le tout était desservie par un système d’irrigation d’eau (voir photo du bassin) d’où découlait une maitrise aboutie de l’agriculture.

A l’extérieur de cette «forteresse» de citadelles se trouvait des quartiers marginaux aujourd’hui mal conservés. Ceux-ci comprenaient par exemple des vergers, des drains, cimetières et autres chemins. Beaucoup d’archéologues arrivent à la conclusion que les habitants des quartiers périphériques ne constituaient qu’une seule classe sociale indifferenciée, en opposition avec la hiérarchie très marquée du centre de la cité (avec à la tête des hauts fonctionnaires et la famille royale).

Ici, la divinité la plus adorée est sans nul doute celle de la lune. La proximité du site avec l’océan explique cette dévotion chimú  pour notre satelite. Car c’est bien lui qui régit les marées et de fait la pêche, omniprésente sur les fresques qui ornent les murs de la cité. A la différence des Incas qui adoraient le soleil et la Terre, les Chimus accordaient une importance particulière à la Lune et à la Mer.

Ce qui nous a le plus frappée lors de cette visite, c’est la mystérieuse salle des offrandes (voir photo). Celle-ci comprend des milliers de tiroirs en losange où, selon le guide, les chimus venaient rendre des offrandes en bois et des poissons.

A proximité se trouve d’autres sites importants, mochica cette fois. A commencer par la Huaca del Sol y de la Luna. Ceux-ci précèdent la cité de Chan Chan de 7 siècles. Le premier est une pyramide constituée de 140 millions de briques dédiée au soleil. La Huaca de la Luna est quant à lui constitué d’un temple, plus petit, mais riches en artefacts, frises et autres céramiques. Pour finir, la Huaca Arco Iris également appelé Huaco Arco Dragon est un temple dédié à la fécondité (bien que des sacrifices d’enfants y avaient lieu !). La profusion de  fresques  symbolisant des arcs-en-ciel racontent, comme toujours,  la victoire finale de la pluie sur le feu.

Entre Histoire et légende…

Selon la legende, Tacaynamo, premieur gouverneur de Chan chan, vint lui et ses guerriers de la mer avec une flotte de radeaux. Il prit place en ce lieu et y fonda son royaume dans la vallée de Moche. Ainsi serait née une dynastie de 10 seigneurs, tous de sang royal, qui érigèrent successivement la gloire de Chan Chan au rang de capital impériale.