Huaraz et la Cordillera Blanca

Et ce n’est que le début !
Minuit quatre : vue de la ville du toit de notre hôtel !

 

Les ruines de Caral

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Classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2009, le site archéologique de Caral pourrait devenir l’une des places fortes de l’archéologie mondiale ces prochaines années. Pour cause, ses vestiges appartiennent à la plus ancienne civilisation urbaine d’Amérique. Découverte en 1905, la « Ciudad » de Caral n’a pas immédiatement suscité la ferveur qu’elle mérite. L’absence de céramiques et d’orfèvreries sur le site n’ayant pas intérressés les chercheurs et autres pilleurs de tombes. Des analyses au Carbone 14, système de datation le plus répandu, ont révelés dans les années 90 son âge avancé. On estime que sa construction remonte a 3000 ans avant notre ère. Certains la font même rivaliser, de part sa taille et son ancienneté, à celle de Mésopotamie, d’Egypte, d’Inde et de Chine. Il s’agit donc d’une véritable Cite-Mère ayant largement contribué à l’essor des empires avoisinants.

Composée de 18 cités-Etats, cette civilisation hautement hiérarchisée n’en était pas moins égalitaire entre hommes et femmes. Six pyramides, un amphithéâtre, des autels, des résidences et salles cérémoniales composent cette cité. Dédiées au Soleil, à la Lune ou encore à la Terre-Mère Pachamama, des offrandes étaient déposées au sommet des pyramides pour s’attirer la faveur des dieux. Les gens de Caral-Supe, du nom de la vallée où elle se trouve, s’illustaient dans des domaines aussi divers que l’administration publique, l’éllaboration de calendrier, les systèmes de mesure du mouvement des astres, l’agriculture ou encore la musique. Cette société, pouvant atteindre 3000 habitants à son apogée, a prospéré pendant un millénaire.

Isolée dans cette vallée, nous avons eu cette étrange sensation d’être à mi-chemin entre deux mondes. Tout d’abord l’Egypte antique, pour ses pyramides à degrés (ou à escalier), dont la plus illustre est sans doute celle de Saqqarah.  Ensuite, la Grèce antique, puisque la population de Caral se réunissait de la même manière, dans un amphithéâtre, afin de délibérer et voter les lois de facon collégiale.

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Des flûtes, de l’aspirine et de l’argile.

Pour nous immerger dans ce quotidien si lointain, des flutes réalisées à la manière des anciens (c’est-à-dire à partir d’ossements de condors et de pélicans) nous accueillent dès l’entrée. Cette méloldie évoque à la fois les chants d’oiseaux et leur amour pour la musique.

De l’aspirine ? Non, nous ne sommes décidemment pas les seuls à utiliser ces composés, puisque de l’acide acétylsalicylique, extrait de saules, était utilisé pour soigner les mots de tête dans la vallée.

Du ciment ? A regarder ces pyramides, on pourrait croire qu’elles ont été faites avec du ciment… Mais il n’en est rien. Celles-ci tenaient en fait à un mélange d’argile et de graviers, qui semble rivaliser avec notre cher béton.

 

 

 

Marcahuasi

Place centrale de San Pedro de Casa peu avant l'arrivée du nuage

Place centrale de San Pedro de Casa peu avant l’arrivée du nuage

Le petit village de San Pedro de Casta (750 habitants) sert de camp de base au site de Marcahuasi. Composé de gens simples, rustres et matinales, ils vivent en bonne harmonie avec une multitude de chiens semi-sauvages avec lesquels ils n’ont de cesse de gravir et descendre la montagne.

Aujourd’hui, le village baigne dans un nuage… Ce dernier nous empêchera très vite de sortir notre appareil tant le taux d’humidité y est élevé ! Marcahuasi est à 3 heures de marche au-dessus de San Pedro de Casta. Aidés d’un « burrito » (âne), nous nous rendons sur ce plateau niché à 4100 mètres d’altitude. De là, de troublants visages et autres formes d’animaux figées dans la roche nous observent silencieusement… Curieuse impression que d’être épiée de la sorte, minuscules, face à ses « anomalies » que l’on devine de temps à autre à travers l’épais voile brumeux. Le froid et l’humidité auront finalement raison de notre tentative d’y passer la nuit. Nous partons donc à la hâte pour regagner notre hôtel en contrebas… Pour réconfort, nous croisons la route d’une fermière, vétue d’un poncho traditionel et de modestes souliers. Son sourire et sa compagnie suffira à consoler notre périple écourté.

Au petit matin, une fois le nuage dissipé, l’endroit retrouve son hospitalité alors que nous repartons pour Lima, en bus, à flanc de montagne…

Lima, les districts de Miraflores, Barranco et Chorillos